Question en Commission des affaires étrangères sur les accord sur les droits de douane UE-États-Unis (12/11/2024)

« Monsieur le Président,

Mes chers collègues,

Ce projet d’accord commercial entre l’Union européenne et les États-Unis n’est pas un texte de coopération : c’est un texte d’abdication.

Qu’on ne s’y trompe pas : je ne critique pas les États-Unis. Donald Trump agit pour son pays, et il le fait avec une cohérence, une énergie et une clarté que nous devrions, au fond, lui envier. Il défend ses travailleurs, son industrie, son indépendance énergétique. En un mot : il agit en patriote.

Le problème n’est pas à Washington, il est à Bruxelles, dans une Commission européenne qui, faute de courage politique, confond ouverture et soumission, partenariat et renoncement.

L’accord du 27 juillet dernier prévoit 15 % de hausse des droits de douane américains sur nos exportations, pendant que nos marchés, eux, resteraient grand ouverts aux produits américains. Il engage l’Europe à acheter des armements étrangers, à importer massivement du gaz et du pétrole américains, et à investir 600 milliards d’euros de capitaux européens… aux États-Unis !

Voilà donc la grande vision européenne : payer plus, produire moins, dépendre davantage.

Sur le plan juridique, la Commission n’a ni le mandat ni la légitimité pour engager les États membres dans des accords qui touchent à la défense, à l’énergie, à l’agriculture, à la souveraineté. Ces domaines relèvent des nations, et non d’une technocratie hors-sol.

Sur le plan économique, cet accord sacrifie nos agriculteurs et nos industriels sur l’autel d’un libre-échange asymétrique.

Pendant que d’autres protègent leurs frontières économiques, l’Europe désarme les siennes au nom d’un multilatéralisme qui ne convainc plus personne.

Et sur le plan politique enfin, c’est un effacement pur et simple.

L’Europe se fait sans les peuples, contre les peuples, et au détriment de ceux qui la composent.

Oui, Donald Trump agit pour l’Amérique.

Qu’il en soit remercié.

Mais que l’Europe agisse, enfin, pour elle-même !

Qu’elle redevienne cette puissance d’équilibre capable de dire “oui” à la coopération, mais “non” à la dépendance.

C’est au nom de cette souveraineté, française, européenne, civilisationnelle, que je soutiendrai le rejet de cet accord.

Non contre nos alliés, mais pour la France, pour l’Europe des nations libres, et pour le simple honneur de ne plus négocier à genoux. »