Largement financé par l’argent public – 244 millions d’euros en 2024 –, ce dispositif promettait de démocratiser l’accès à la culture. En réalité, il trahit sa mission, dérive dans ses priorités et prive notre jeunesse de l’essentiel : le beau, le grand, le vrai.
Un récent rapport de la Cour des comptes dresse un tableau accablant. En trois ans, les dépenses liées au Pass Culture ont explosé, atteignant des montants vertigineux. En plus des 16 millions d’euros attribués à des offres culturelles de moindre intérêt, on apprend que le siège social de la SAS Pass Culture, qui emploie plus de 180 personnes, est situé sur les Champs-Élysées, symbole d’un luxe déplacé pour un outil censé servir l’intérêt public. À cela s’ajoutent des frais de bouche disproportionnés, révélant une gestion déconnectée des réalités économiques du pays.
Le dispositif, censé diversifier les pratiques culturelles, se contente de renforcer celles déjà bien établies. À peine 38 % des bénéficiaires poursuivent leurs activités après avoir consommé leurs crédits, confirmant l’échec de ce mécanisme à changer durablement les habitudes culturelles. Quant au spectacle vivant – théâtre, danse, opéra –, il est quasiment absent des choix, avec un taux de réservation de seulement 7 %.
Mais la trahison la plus criante réside dans l’exclusion du Puy du Fou. Comment ne pas y voir un choix militant ? Ce lieu, reconnu comme « le meilleur parc du monde », est bien plus qu’un simple divertissement. Il incarne une transmission vivante et poétique de notre histoire, une expérience où le beau se mêle à l’héroïsme, où la mémoire se fait grandeur. Comment justifier qu’un tel joyau soit écarté du Pass Culture, au profit d’une consommation standardisée et sans âme ?
Une refonte profonde s’impose pour que le Pass Culture cesse de financer des pratiques sans âme et retrouve sa vocation première. Ce dispositif doit être recentré sur des offres d’exception, mettant en valeur les lieux emblématiques de notre patrimoine tels que le Puy du Fou, mais aussi sur la culture littéraire, socle de la pensée et de l’esprit critique. Encourager les jeunes à fréquenter les grandes œuvres, à découvrir la beauté des classiques et à se plonger dans le théâtre ou la poésie, c’est leur offrir les clés pour comprendre le monde et pour en devenir des acteurs éclairés.
À une époque où une partie de notre jeunesse est désœuvrée, inculte, consommatrice, il faut lui permettre au contraire de connaître, comprendre et aimer la France. Il faut enraciner la jeunesse. Le Puy du Fou permet de se cultiver de manière ludique, il nourrit l’imaginaire et la curiosité.
La culture doit offrir à notre jeunesse le meilleur de notre patrimoine, ouvrir les portes de la grandeur et transmettre l’héritage de la France éternelle.
