Les paysans français abandonnés : pourquoi l’agriculture est cruciale pour la survie de la France

Les agriculteurs français en ont assez. Assez d’être ignorés, méprisés, réduits au silence. Si les tracteurs ne bloquent pas les routes, si les bêtes ne sont pas lâchées devant les préfectures, alors personne ne s’intéresse à leur sort.

Pour les dirigeants de notre pays, l’agriculture ne devient un sujet de conversation que lors du Salon de l’Agriculture. Une semaine par an, sous les projecteurs de la Porte de Versailles, les politiques défilent, s’affichent, serrent des mains, tâtent le cul des vaches et feignent de comprendre la détresse de nos paysans. Mais l’agriculture ne se vit pas en une semaine. C’est 365 jours par an, sous le vent, sous la pluie, dans le froid, ou sous la canicule. C’est une lutte quotidienne pour nourrir la France, préserver nos campagnes, et maintenir une ruralité que beaucoup de politiques ont abandonnée.

Ce mépris pour le monde agricole n’est plus supportable. Les agriculteurs sont la colonne vertébrale de notre souveraineté alimentaire, mais qui s’en soucie vraiment dans les sphères décisionnelles ? Quand ils ne font pas de bruit, tout le monde les oublie, et lorsqu’ils se mobilisent, on les apaise avec des promesses jamais tenues, des annonces sans lendemain, destinées à calmer la grogne. Il y en a ras le bol de cette hypocrisie. Les agriculteurs ne veulent pas des chèques pour colmater les brèches. Ils demandent à pouvoir vivre dignement de leur travail, à ne plus être abandonnés par un État qui les a trop longtemps trahis.

Le danger du Mercosur : une condamnation pour nos éleveurs

La situation actuelle est plus qu’alarmante. À l’horizon, un accord commercial entre l’Union européenne et l’Amérique du Sud menace d’inonder nos marchés de viande bovine et de volaille produites dans des conditions qui n’ont rien à voir avec les exigences imposées à nos éleveurs français. Comment pouvons-nous accepter que des produits étrangers, dont les normes sanitaires et environnementales sont bien en deçà de nos standards, puissent entrer librement sur notre territoire et concurrencer directement nos agriculteurs ?

Cet accord ouvrirait les portes à 99 000 tonnes de viande bovine, 180 000 tonnes de volaille, et 3,4 millions de tonnes de maïs. Une concurrence déloyale, implacable, qui va écraser des filières déjà à genoux.

En plus de faire face à une concurrence déloyale et aux aléas climatiques, nos agriculteurs sont harcelés par des contrôles à répétition, orchestrés par des agences d’État. Au lieu de les épauler, ils se sentent traquer par les inspecteurs de l’administration. Comme si cela ne suffisait pas, des maladies dévastatrices telles que la grippe aviaire, la fièvre catarrhale, et la maladie hémorragique épizootique pèsent sur eux, telle une épée de Damoclès.

Et pourtant nos agriculteurs sont les premiers écologistes de France. Sans eux, notre pays est condamné à devenir une friche à ciel ouvert. Ils savent que pour protéger les générations futures, il faut protéger la terre. Ce sont eux qui, tous les jours, en prennent soin. Et malgré tout, c’est précisément eux que l’on sacrifie. Le Mercosur, c’est un abandon des principes de bon sens. Comment fermer les yeux sur cette injustice ? Que nos décideurs se souviennent que l’alimentation est une question de souveraineté, et que sacrifier nos éleveurs sur l’autel de la mondialisation, c’est mettre en péril notre indépendance.

Des décisions éloignées, un pouvoir transféré à Bruxelles

Comment en est-on arrivé là ? En laissant les décisions vitales pour notre agriculture être prises à des milliers de kilomètres, à Bruxelles. C’est là que beaucoup de décisions se prennent, au mépris des réalités locales. Les agriculteurs français se battent avec des normes parmi les plus strictes du monde, tandis que les produits étrangers qui ne respectent ni nos normes sociales, ni environnementales, envahissent nos rayons. Le poulet Ukrainien en est un bel exemple.

Il est urgent d’appliquer les clauses miroir : aucun produit qui ne respecte les mêmes exigences que celles imposées à nos agriculteurs français ne doit être autorisé sur notre territoire. Aucune viande, aucun légume, aucun fruit ne doit entrer sur nos marchés s’il ne répond pas aux mêmes normes de qualité et de production que celles que nos agriculteurs respectent chaque jour. C’est une question de justice, mais surtout de survie pour nos filières. Pourquoi impose-t-on à nos agriculteurs des contraintes qu’on refuse d’appliquer à ceux qui produisent ailleurs ? Il est temps de rééquilibrer la balance et de protéger nos producteurs.

Les politiques agricoles doivent changer : la loi de programmation agricole est une première réponse

L’avenir de l’agriculture ne peut plus dépendre d’annonces aléatoires et de rustines budgétaires. Ce qu’il faut, c’est une vision à long terme. Comme pour l’armée, nous avons besoin d’une loi de programmation agricole. Une loi qui garantisse des financements stables et prévisibles sur plusieurs années, afin que nos agriculteurs puissent enfin investir en confiance, planifier leur production, et se concentrer sur ce qu’ils savent faire de mieux : nourrir la France.

Cette loi permettrait de stabiliser les revenus, de protéger les filières en difficulté et de redonner un souffle à un secteur vital pour notre pays. Elle serait un signal fort : l’État assume enfin sa responsabilité envers ceux qui nourrissent le pays. Nos agriculteurs ne veulent pas de subventions pour survivre, ils veulent de la visibilité pour pouvoir vivre.

La souveraineté alimentaire n’est pas un slogan creux. Elle est la clé de notre indépendance, la condition sine qua non pour que la France puisse affronter les crises à venir. Nous devons consommer français, et pour cela, il faut soutenir ceux qui produisent français. Nos agriculteurs sont notre fierté. Ils incarnent la ruralité, la vraie France, celle qui ne triche pas et qui se bat chaque jour pour préserver l’âme française

Le dernier rempart avant la désertification de nos campagnes

Si nous continuons à ignorer leur détresse, si nous laissons les promesses s’évaporer une fois les projecteurs éteints, alors nous ne retrouverons bientôt que des champs abandonnés. Ce sont les agriculteurs qui maintiennent nos campagnes vivantes, qui empêchent la désertification de nos territoires. Eux seuls permettent à nos petites communes de subsister, à nos villages de conserver une âme. Ce sont eux les gardiens de nos paysages, de notre biodiversité, et de notre sécurité alimentaire.

Pendant que les salons parisiens bruissent de promesses non tenues, nos agriculteurs, eux, crient leur détresse dans l’indifférence générale.

Malgré ce tableau sombre, un formidable espoir subsiste : des jeunes agriculteurs, qui, par passion et détermination, s’engagent pour redonner ses lettres de noblesse à notre agriculture. Ils incarnent l’avenir de la France de nos campagnes, mais pour cela, il faut leur donner les moyens de réussir.