Le peuple libanais, éternel martyr de la politique internationale

Le Liban est à nouveau sous le feu des bombes et doit faire face à une guerre sans précédent depuis plus de vingt ans. C’est la population civile qui paie le prix fort, le prix du sang, le prix d’une guerre qui ne dit pas son nom, déclenchée par le Hamas il y a tout juste un an. Et une fois de plus, une fois de trop, le Liban est condamné au rôle peu enviable de zone de guerre, une guerre qui n’est pas la sienne et dont la population est la victime collatérale.

Mais comme si ce drame humain ne suffisait pas, les combats, les bombardements, jusque dans la banlieue de Beyrouth, détruisent des infrastructures civiles. Au-delà des clivages politiques et religieux, les Libanais se retrouvent donc isolés face à une catastrophe humanitaire insurmontable. L’avenir même du Liban est lui aussi en jeu. Sans État, sans président, sans services publics, sans banques, sans activité économique, sans écoles, comment et pourquoi encore rester ?

Une population livrée à elle-même

Malgré sa résilience légendaire, le peuple libanais se retrouve plus que jamais seul face à des enjeux qui le dépassent. Vies brisées, familles sur les routes dont les logements ont été détruits, enfants abandonnés, plus rien à manger, plus d’hôpitaux : le Liban est en train de disparaître sous nos yeux.

Engluée dans ses propres difficultés, la France ne peut pourtant pas détourner le regard ou se contenter de discours sans lendemain ; il en va du crédit de notre pays, de l’avenir du Liban et de la stabilité du Moyen-Orient.

L’aide de la France plus que nécessaire

Nous ne pouvons pas oublier les liens qui unissent de longue date nos deux pays, ni le devoir de la France vis-à-vis de sa petite sœur du Moyen-Orient. Nous partageons plus qu’une longue histoire commune et la situation actuelle du Liban oblige notre pays. Emmanuel Macron ne peut pas continuer à ignorer l’appel à l’aide qui nous vient du Liban et de la diaspora présente dans notre pays.

Lors de son déplacement, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a annoncé une « aide concrète » à destination de la population civile. Cette déclaration doit rapidement se matérialiser pour les Libanais qui souffrent au quotidien. Nous ne pouvons pas nous contenter d’envoyer un BPC (navire multi-rôle) avec quelques tonnes de vivres et de matériel médical. C’est à la France qu’appartient la mission de proposer une solution de sortie de crise, à long terme, et d’apporter au pays de quoi se redresser rapidement et durablement.

« Le Liban éternel » est un pays surprenant : il croit en lui et il sait trouver les ressources nécessaires pour traverser les crises. Pour la France, il a toujours été un exemple d’espoir capable d’affronter les pires souffrances et de se relever inlassablement. Mais aujourd’hui, il
est à genoux. Sans notre aide, il fléchira pour ne plus jamais se relever.

En tant que présidente de l’association « Solidarité Vendée-Liban » et en tant que membre de la commission des affaires étrangères à l’Assemblée nationale, j’en appelle donc à la responsabilité des dirigeants occidentaux, et tout particulièrement de la France et de son chef de l’État, pour trouver et annoncer des solutions concrètes et rapides pour sauver le Liban. Il s’agit de répondre à un double enjeu : intervenir face à l’urgence humanitaire au Liban et assurer un avenir au peuple libanais. La stabilité de la région ne doit pas se faire au détriment des Libanais. Face à cette situation, nous nous devons d’être à la hauteur de l’Histoire et des liens qui unissent nos deux pays.