Accompagnement des élèves en situation de handicap : l’inaction politique ne peut plus durer

« Nous donnerons accès à une auxiliaire de vie scolaire à tous les enfants qui en ont besoin pour avoir une scolarité comme les autres. Ces AVS auront un emploi stable et un salaire décent. » Ce sont les propos d’Emmanuel Macron en 2017. C’était une promesse solennelle, celle d’un État qui se devait d’être juste, humain. Sept ans plus tard, où en sommes-nous ? Les enfants handicapés sont toujours sur le bord du chemin, et les familles, qui ont cru en cette promesse, se sentent trahies.

Coutumier du fait, l’État fait de la com’ avec des effets d’annonce sans lendemain. Il jongle avec les mots et avec les chiffres laissant naître beaucoup d’espoir et puis plus rien… Les enfants handicapés, les familles et les AESH (ex-AVS), ces héros du quotidien, sont laissés à la merci d’un système à bout de souffle.

Comment expliquer que des milliers d’enfants soient encore laissés sans solution ? Comment accepter que les parents, épuisés par des démarches administratives interminables, soient abandonnés à leur propre sort ? Cette situation n’est pas une fatalité, mais le résultat d’une inaction politique qui ne peut plus durer. Derrière chaque promesse non tenue, c’est une famille qui s’effondre et un enfant qui voit son avenir compromis.

Des accompagnants en première ligne, mais abandonnés

Les AESH sont aujourd’hui les piliers de l’inclusion scolaire. Pourtant, ces femmes et ces hommes, essentiels pour permettre à chaque enfant handicapé de suivre une scolarité « normale », sont eux-mêmes délaissés. Conditions de travail précaires, salaires insuffisants, absence de reconnaissance : voilà leur quotidien. Comment prétendre à une inclusion scolaire de qualité si ceux qui en sont les ambassadeurs sont abandonnés par l’État ?

Les accompagnants d’élèves en situation de handicap sont pourtant essentiels. Sans eux, des milliers d’enfants seraient exclus du système scolaire. Mais au lieu de les soutenir, l’État les précarise, leur confie parfois plusieurs élèves à la fois, sans formation adéquate ni moyens suffisant. Ces professionnels sont à bout, comme les familles qu’ils accompagnent.

L’inclusion : un principe sacrifié sur l’autel de la gestion comptable

Les gouvernements successifs ont fait de l’inclusion scolaire une vitrine politique. Mais derrière les effets d’annonce, la réalité est bien plus sombre. De nombreux enfants restent privés d’un accompagnement adapté, tandis que des familles sont contraintes de se battre seules pour obtenir des aides qui devraient être automatiques.

Le handicap ne peut plus être réduit à une ligne budgétaire. Il s’agit de la dignité de nos enfants, de leur droit à une éducation adaptée, et de la considération que notre société leur doit. Et comment penser que ça ira mieux demain quand on constate que le ministère des Handicapés a été supprimé ? Et pourtant, tout le monde s’accorde à dire que les bienfaits de l’inclusion scolaire sont importants et satisfaisants, offrant un équilibre gagnant-gagnant ; que ce soit pour l’enfant handicapé qui fait de nombreux progrès, tandis que pour les autres enfants qui apprennent à vivre avec la différence et à la respecter.

Une urgence sociale et nationale : redonner espoir aux familles et aux AESH

Il est impératif d’agir. Redonner aux AESH une reconnaissance digne de leur rôle est une nécessité : cela passe par des contrats stables, une formation adaptée et des salaires décents. Il en va de la qualité de l’accompagnement des enfants handicapés, mais aussi de la pérennité de tout un système éducatif inclusif.

Les familles et les AESH attendent des mesures concrètes, pas des promesses sans lendemain. Les enfants handicapés ont droit à une scolarité digne, avec un accompagnement adapté, et les AESH méritent un vrai statut, avec des conditions de travail à la hauteur de leur engagement. Continuer à gérer cette crise sous couvert de contraintes budgétaires revient à sacrifier l’avenir de milliers d’enfants.

La France doit cesser de reléguer cette question au second plan. Les mots ne suffisent plus, seuls les actes pourront redonner l’espoir aux familles et le sourire aux enfants.