« Il faut que ce conflit cesse »

🔗 Merci à Ouest-France

Vous vous êtes rendue en Israël la semaine dernière en compagnie d’une délégation de plusieurs parlementaires français du groupe d’amitié France-Israël, dont vous faites partie. Que retenez-vous de ce déplacement ?

C’était un déplacement très éprouvant sur le plan émotionnel. Il y avait une grande tension, des alertes régulières durant lesquelles il fallait se mettre à l’abri. Nous avons vu un certain nombre de choses atroces. Au camp militaire Shura, 327 corps n’ont pas encore été identifiés. Au kibboutz Kfar Aza, une centaine de personnes ont été fauchées dans leur vie quotidienne. Nous avons aussi rencontré des soldats israéliens, et les parents d’un soldat français qui a été tué. Je retiens aussi la dignité des familles d’otages, qui attendent beaucoup de la France et du président de la République. Ce que nous avons vu, c’est de la barbarie. Il faut que ça cesse, que ce conflit cesse. J’ai aussi une pensée pour les civils de Gaza, qui n’ont rien demandé, qui sont dans une grande détresse humanitaire, pris au piège de cette organisation terroriste qu’est le Hamas.

Vous avez réagi sur les réseaux sociaux quant aux manifestations de soutien à la Palestine qui se sont déroulées en France ce week-end, en parlant notamment de « négationnisme », un terme qui n’est pas anodin, à propos d’une pancarte tenue par une manifestante. Cela après avoir prôné un message de paix et une pensée pour les victimes civiles à Gaza…

Je suis d’accord avec la Première ministre Élisabeth Borne lorsqu’elle dit que les Palestiniens ne sont pas le Hamas et que le Hamas n’est pas les Palestiniens. Mais il faut lutter contre cette organisation terroriste. Le combat d’Israël contre le Hamas, c’est le combat de toutes les démocraties contre le terrorisme islamiste. Il ne faut pas faire d’amalgame. Nous sommes allés porter un message de solidarité et de paix, mais il faut dénoncer les actions du Hamas, ne pas les banaliser.

Un débat, sans vote, a eu lieu sur la situation au Proche-Orient, ce lundi 23 octobre, à l’Assemblée nationale. Qu’en est-il ressorti ?

Entre le discours de la Première ministre et le voyage du président de la République en Israël, ce mardi 24 octobre, on voit bien que ce qui ressort, c’est un soutien à Israël de la France, sans aucune ambiguïté. On est tout à fait favorable à ce qu’Israël puisse se défendre. Et d’un autre côté, il y a toute une frange de l’hémicycle qui ne veut pas reconnaître le Hamas comme une organisation terroriste. Je suis dans l’opposition mais je suis du côté du gouvernement pour soutenir Israël. La France peut jouer un rôle dans les négociations pour libérer les otages, auprès des pays voisins notamment, qui ont de l’influence. Ce déplacement présidentiel était urgent, pour garder espoir.

Entretien accordé à Ouest France