Ce vendredi 12 septembre 2025 marque le 300e jour de captivité de Boualem Sansal.
C’est plus qu’un chiffre, c’est un déshonneur.
Écrivain âgé et malade, compatriote, il gît derrière des barreaux pour avoir tenu haut le drapeau de notre littérature. Et la France, celle des cabinets et des conseillers obscurs, a répondu par la liturgie des euphémismes. On “suit”, on “regrette”, on “appelle” : bref, on s’excuse d’être soi.
Qu’on cesse la comédie ! L’Algérie enferme un auteur ; nous nous enfermons dans la prudence. La sécurité de nos compatriotes et la souveraineté culturelle ne se défendent pas à voix basse : elles se proclament, elles s’imposent.
Par ailleurs, force est de constater que les gestes symboliques, les remontrances homéopathiques, les sourires protocolaires n’ont rien arraché, sinon la preuve de notre docilité.
L’ennemi de l’honneur, c’est l’algèbre des demi-mesures ; celle-là même que le gouvernement a offert à Boualem Sansal.
Place à la clarté : exigence d’accès consulaire et médical, conditionnement strict de nos coopérations, suspension des courtoisies, sanctions ciblées contre les décideurs de cette séquestration. Non pas la brutalité, mais la fermeté qui oblige.
À Boualem Sansal, notre fidélité ; à ceux qui gouvernent, notre sommation : un pays qui ne protège pas ses écrivains abdique.
Libérons l’homme, relevons la France !
